La présente fiche est destinée à vous renseigner sur les fonds d’investissement : qu’est-ce qu’un fonds d’investissement ? pourquoi investir dans un fonds d’investissement ? quels sont les différents types de fonds existants ?
Un fonds d’investissement est un portefeuille de placements divers géré de façon professionnelle et regroupant la mise de plusieurs épargnants… Le patrimoine du fonds, constitué par la somme des apports de chaque épargnant, est investi collectivement avec l’objectif de générer une rentabilité supérieure à celle qui aurait été obtenue par les participants individuellement.
Les fonds d’investissement occupent une place importante au sein des marchés financiers européens ; en France, ils sont connus sous le nom d’OPCVM (organisme de placement collectif en valeurs mobilières).
Le 1er fonds d’investissement a été créé en 1924 aux Etats-Unis. L’activité s’est implantée en Europe dans les années 1950. Depuis, elle s’est développée par cycle, en fonction des aléas boursiers, de politiques fiscales incitatives et de la création de nouveaux outils et véhicules de placement pour stimuler et faciliter la collecte des fonds.
En France, la création des Fonds Communs de Placement à Risque (FCPR) dans les années 1980, des Fonds Communs de Placement pour l’Innovation (FCPI) en 1996 et des Fonds d’Investissement de Proximité (FIP) en 2003, a permis l’essor de ce type de placement, qui reste toutefois moins important qu’en Amérique du Nord.
Aujourd’hui, les fonds d’investissement représentent 12,6 % des actifs financiers détenus par les ménages européens. Les capitaux qu’ils gèrent au sein de l’Union Européenne ont quintuplé en 12 ans. Mais la récente crise financière et l’actuelle récession économique ont stoppé leur expansion et révélé la fragilité du cadre juridique existant.
Au niveau européen, les fonds d’investissement sont encadrés par la directive 85/611/CEE du Conseil du 20 décembre 1985 portant coordination des dispositions législatives, réglementaires et administratives concernant certains organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM). La directive a été modifiée à plusieurs reprises ; aujourd’hui, il est envisagé de la refondre entièrement pour tenir compte d’une part du développement important du marché européen des fonds d’investissement, d’autre part des répercussions néfastes du récent scandale MADOFF. A cette fin, la Commission Européenne a lancé le 3 juillet 2009 une vaste consultation publique.
En France, ce sont notamment la loi 88-1201 du 23 décembre 1988 et la loi de sécurité financière du 1er août 2003 qui fixent le cadre juridique des fonds d’investissement.
Selon les spécialistes, les fonds d’investissement présentent de nombreux avantages :
Nul ne l’ignore, il n’existe pas de placement miracle, c’est-à-dire offrant à la fois des revenus élevés et une sécurité absolue… En fait, le bon placement est celui qui est adapté aux objectifs, besoins et ressources de chacun.
La décision d’investir dans un placement plutôt qu’un autre dépend donc des critères suivants :
Concernant le niveau de risque et de façon générale, plus le risque est élevé, plus le potentiel de gains et de pertes est important ; inversement, plus le risque est faible, plus le potentiel de gains et de pertes est bas.
La valeur des placements, donc des parts du fonds, peut fluctuer à la hausse ou à la baisse ; elle est influencée notamment par :
Les risques varient d’un fonds à l’autre. Il est possible d’évaluer l’ampleur du risque en considérant le nombre et l’importance des changements de valeur subis par le fonds : c’est ce que l’on appelle la volatilité. Plus les changements de valeur sont importants et nombreux, plus le fonds est volatil, plus les risques sont élevés.
Chaque fonds possède un degré de volatilité différent qui dépend en grande partie du type de placements opérés. Par exemple, les fonds investis dans des actions de sociétés du secteur technologique possèdent un degré élevé de volatilité, car la valeur de ces actions peut changer considérablement et fréquemment selon la demande des produits.
Détenir une grande variété de placements permet de réduire la volatilité du portefeuille.
Concernant la durée de l’investissement, si l’épargnant n’est pas pressé de récupérer sa mise, il a tout intérêt à investir principalement dans des actions. En effet, ces placements, très volatils à court terme, ont tendance à procurer à long terme un rendement supérieur à celui d’autres placements.
Concernant les frais, les participants à un fonds d’investissement doivent supporter diverses dépenses, allant des droits d’entrée et droits de sortie lors de l’achat ou la vente des parts, aux frais de gestion payés chaque année sur la valorisation du portefeuille en passant par les droits de garde.
Concernant la fiscalité, les fonds d’investissement peuvent investir dans des titres aussi divers que les actions, les obligations et autres, eux-mêmes générant des revenus variés : dividendes pour les actions, intérêts pour les obligations… Ainsi, ils sont soumis à la fiscalité des revenus mobiliers, et en cas de vente, à la fiscalité sur la plus-value.
Avant de souscrire un fonds, l’épargnant a intérêt à lire attentivement le prospectus simplifié qui doit lui être remis obligatoirement préalablement à toute souscription depuis 2004.
Le prospectus donne une information précise sur les risques identifiés de l’OPCVM. Il apporte un complément d’information sur les modalités de fonctionnement et les caractéristiques du produit pour les investisseurs.
Le prospectus se décompose en trois parties :
Il existe une multitude de fonds d’investissement, qui peuvent être classés selon différents critères :
Les OPCVM
Les OPCVM constituent la forme la plus commune des fonds d’investissement. Ce sont des structures qui permettent la gestion collective de fonds : ils ont pour objet d’investir les fonds mis à leur disposition en valeurs mobilières (actions, actions à dividende prioritaire, titres participatifs, ordinaires, obligations ordinaires, obligations convertibles...).
Les OPCVM sont de deux ordres : SICAV et FCP.
Les FCP et SICAV sont disponibles auprès de multiples réseaux de distribution, bancaires et financiers, des entreprises d’investissement, des sociétés de gestion de portefeuille, des compagnies d’assurance, des courtiers en ligne.
Les 6 grandes familles d’OPCVM
L’AMF a élaboré une grille de classification des produits français qui répartit les OPCVM en six familles selon la nature de la gestion et les risques qu’ils comportent :
Les OPCVM de fonds alternatifs (ou hedge funds), se développant depuis près de 60 ans, sont investis à plus de 10% dans d’autres OPCVM (français ou étranger) mettant en œuvre des stratégies dites « alternatives ». Ils regroupent les fonds exposés à hauteur de 10 % minimum en fonds d’investissement de droit étranger, les OPCVM agréés à règles d’investissement allégées (ARIA), les OPCVM contractuels et les fonds communs d’intervention sur les marchés à terme (FCIMT). La souscription de ces OPCVM est soumise à des règles très strictes d’accès (connaissances financières et patrimoine important de l’investisseur, ticket d’entrée allant de 10000 à 250000 €). Autres formes d’OPCVM
A côté de cette classification traditionnelle, d’autres OPCVM, un peu particuliers, se sont développés :
Les OPCVM indiciels ont comme objectif de reproduire aussi fidèlement que possible la performance et le risque d’un indice de référence (par exemple le CAC 40). On retrouve parmi eux les trackers.On y retrouve les FCPR (Fonds Communs de Placement à Risques dont l’objet est d’investir dans des sociétés non cotées), les FCPI (Fonds Communs de Placement dans l’Innovation, dont l’actif est constitué pour 60% au moins de titres de sociétés non cotées considérées comme innovantes) et les FIP, (Fonds d’Investissement de Proximité, dont 60% au moins des investissements doit être réalisé dans des PME non côtées situées dans une même zone géographique soit jusqu’à 3 régions limitrophes).
A noter que certains OPCVM mentionnent une garantie : il s’agit de fonds communs de placement assortis :
Ces fonds dits garantis ont souvent un plancher, en-dessous duquel le capital investi ne peut descendre, et un plafond qui limite l’augmentation de l’indice de référence. Ils ne constituent pas toujours des placements véritablement profitables et avantageux (frais élevés et résultat à la sortie aléatoire).
Sur le site de l’Union Européenne : Les services financiers
Sur le site DOLCETA : Les services financiers - Les placements boursiers
Sur la notion de risque