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Risque

Le risque se définit comme un "danger éventuel, plus ou moins prévisible, inhérent à une situation ou à une activité" (Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales).
L’analyse économique du risque repose essentiellement sur un outil, le calcul des probabilités, sujet sur lequel nous ne nous attarderons pas ! Nous nous attacherons ici à identifier les principaux risques existants dans le domaine économique et financier et à donner quelques indications sur la gestion des risques.


La notion de risque en économie et finance

La notion de risque est présente dans tous les domaines de la vie ; à chaque domaine correspond une définition.
La science qui étudie le risque est la cindynique.

En droit, le risque est l’éventualité d’un événement futur, incertain ou d’un terme indéterminé, ne dépendant pas exclusivement de la volonté des parties, et pouvant causer un préjudice comme la perte d’un objet ou tout autre dommage.
On parle également de risque industriel, professionnel, naturel, technologique…

Dans le domaine qui nous intéresse ici, le domaine économique et financier, le risque est lié à la détention d’actifs financiers et représente une possibilité de perte monétaire due à une incertitude que l’on peut quantifier.
En effet, il y aurait une nécessaire corrélation entre le risque pris et l’espérance de gain.

Typologie des risques

Le risque peut avoir plusieurs origines.
Voici quelques types de risques rencontrés dans le domaine économique et financier :

  • Le risque de marché est le risque de perte qui peut résulter des fluctuations des prix des instruments financiers qui composent un portefeuille.
    Le risque peut porter sur le cours des actions, les taux d’intérêts, les taux de change, les cours de matières premières, etc...
    Il est mesuré généralement par la volatilité du marché (amplitude de variation d’un titre, d’un fonds, d’un marché ou d’un indice sur une période donnée : plus la volatilité est grande, plus les variations sont importantes, plus le risque est élevé), qui elle-même est déterminée habituellement par l’écart type des variations constatées sur une période de trois ans.
  • Le risque de change est lié aux fluctuations des monnaies entre elles : il concerne les investissements effectués dans une devise différente qui se déprécie par rapport à la devise de référence en raison d’une variation des taux de change.
    Par exemple, un européen achète des actions américaines en dollars : selon le cours USD/EUR, la valeur de son acquisition peut être diminuée ou au contraire augmentée.
  • Le risque de taux est lié à la crainte d’une évolution défavorable des taux d’intérêts.
    Ainsi, un emprunteur à taux variable subit un risque de taux lorsque les taux augmentent, car il doit payer des intérêts plus élevés. À l’inverse, un prêteur subit un risque lorsque les taux baissent car il perd des revenus.
    Pour une banque, c’est le risque que l’évolution des taux du marché conduise à un coût de rémunération des dépôts supérieur aux gains générés par les intérêts des prêts accordés.
  • Le risque de contrepartie, c’est le risque que la partie avec laquelle un contrat a été conclu ne tienne pas ses engagements (livraison, paiement, remboursement, etc...).
    Le risque de crédit, risque que l’emprunteur ne rembourse pas sa dette à l’échéance fixée, en est une composante.
    S’il était à l’origine une préoccupation pour les seuls organismes bancaires, il concerne en fait toutes les entreprises, notamment via les créances qu’elles accordent à leurs clients et qui sont des formes de prêt à court terme ; aujourd’hui, nombreuses sont celles qui l’intègrent dans leur gestion afin de le minimiser.
  • Le risque de liquidité concerne les placements financiers : c’est le risque de ne pouvoir vendre à son prix un titre financier. Il peut se traduire soit par une impossibilité de le vendre, soit par une décote dite d’illiquidité.
    En effet, si un marché n’est pas liquide, le détenteur de titres financiers risque de ne pas trouver d’acquéreur, au moment où il en a besoin.
    Ce risque est présent sur les marchés mais également pour les banques : ces dernières reçoivent majoritairement des dépôts à court terme de leurs clients et font des prêts à moyen et long terme. Il peut donc se créer un décalage entre les sommes prêtées et les sommes disponibles (dépôts). En outre, les banques peuvent être confrontées à un retrait massif des dépôts par leurs clients.
  • Le risque pays est utilisé dans le langage des assureurs et désigne les dangers spécifiques à un pays avec lequel traite une entreprise et qui peuvent obérer la continuité de ses opérations : révolution, coup d’État, etc.
    Au sens strict, le risque pays est la probabilité qu’un pays n’assurera pas le service de sa dette extérieure.

La gestion des risques

Selon le principe de prudence, tout risque quel qu’il soit doit être pris en compte et associé à une réponse appropriée, étant entendu que le risque zéro n’existe pas !

C’est ce à quoi s’attache la gestion des risques, appelée « risk management » dans les pays anglo-saxons.

La gestion des risques consiste à identifier les risques existants, à les évaluer et les prioriser, et à leur associer des moyens de prévention lorsque cela est possible et/ou des moyens de protection.
Cela revient à établir une grille des risques avec des veilles ciblées pour chaque type de risque (politique, juridique, social, environnemental…) et des contre-mesures adaptées.

L’identification des risques implique de rechercher les facteurs ou sources de risques et d’en faire la balance par rapport aux objectifs poursuivis.

Evaluer les risques revient à leur « donner une note » en fonction de leur fréquence d’occurrence et de leur gravité.

Enfin, maîtriser les risques consiste soit à réduire leur fréquence (objectif de la prévention), soit à réduire leur gravité (objectif de la protection), et fait appel à toutes les ressources disponibles : humaines, matérielles, financières…

  • La prévention : elle consiste à prendre des mesures visant à limiter l’apparition de l’événement redouté, du phénomène dangereux.
    Cette stratégie est le plus souvent appliquée en premier lieu et surtout lorsque les conséquences s’avèrent dramatiques (cas des atteintes physiques).
    La prévention peut aussi se faire par "évitement", c’est-à-dire suspension de l’activité présentant un risque. Du point de vue des décideurs, cette stratégie est la plus sûre et la moins onéreuse, mais elle constitue un frein au développement économique.
  • La protection, c’est l’ensemble des stratégies visant à limiter les risques et surtout les dommages en résultant.

Dans certaines hypothèses (absence de graves conséquences ou moyens de protection trop coûteux), il faudra passer par une acceptation des risques.

Dans d’autres, il sera possible de mettre en place un transfert des risques par la souscription d’une assurance.

En effet, le contrat d’assurance est un contrat de transfert de risques :

  • l’assuré cède un risque, par définition aléatoire, à la compagnie d’assurances. Lorsque le contrat prévoit une franchise, l’assuré conserve une partie du risque à sa charge.
  • La compagnie d’assurances accepte le risque en échange de la prime.

Le mécanisme de l’assurance ne modifie pas la probabilité de survenance du risque, ni ses conséquences. Il se contente de transférer le risque, et plus justement les conséquences notamment financières du risque d’un agent économique, l’assuré, à un ou plusieurs autres.
L’assuré est protégé contre des évènements qu’il ne peut pas supporter seul et peut entreprendre des « activités risquées ».

La compagnie d’assurances effectue, grâce à la souscription de nombreux risques similaires, une mutualisation des risques entre les assurés.
Cette maîtrise statistique du risque permet à l’assureur de diminuer la volatilité totale des risques qu’il accepte de prendre en charge.
La loi des grands nombres permet à l’assureur de connaître approximativement le montant des sinistres futurs.

Afin de faire face aux sinistres exceptionnels, les assureurs peuvent réassurer (avec franchise de leur part) leurs propres risques auprès de compagnies spécialisées ; c’est le principe de la réassurance.

Pour aller plus loin


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La notion de risque en économie et finance
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