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Éducation financière

Inflation

L’inflation étant une hausse généralisée des prix au cours d’une certaine période de temps, elle influence directement le pouvoir d’achat de chacun d’entre nous.


L’argent perd de sa valeur à cause de l’inflation

Inflation et baisse du pouvoir d’achat

Un trajet en bus coûtait 1 euro il y a 6 mois. Comme le prix du pétrole a augmenté et que de ce fait la société de transport en commun a haussé ses tarifs, le même trajet coûte aujourd’hui 1,1 euro. L’argent a donc proportionnellement perdu de sa valeur puisqu’il n’est plus possible de prendre le bus pour 1 euro.

Ce phénomène est en général une mauvaise nouvelle pour les ménages, puisqu’il fait diminuer le pouvoir d’achat à revenu constant.

Cependant, une catégorie de personnes profite de cette diminution de la valeur de l’argent : les débiteurs. Comme l’intérêt qu’ils doivent payer chaque année à leur créancier est un pourcentage constant de la somme prêtée, les débiteurs paient le même montant tous les ans, alors que la valeur de celui-ci diminue à cause de l’inflation. Cette somme payée l’année du remboursement permet en effet d’acheter moins que ce qu’elle aurait permis d’acquérir l’année de l’emprunt. Le débiteur rembourse donc d’autant moins que l’inflation est forte et le prix de son emprunt diminue.

Calcul de l’inflation

Si les prix d’un ensemble de biens de consommation courante (le « panier de la ménagère ») augmentent dans les mêmes proportions que dans l’exemple précité, on pourra effectivement parler d’un taux d’inflation de 10 % car il faut une hausse générale du niveau des prix sur un certain temps. On ne pourra donc parler d’inflation si seul le prix de quelques produits augmente.

Si, dans le même temps, les salaires ne suivent pas la même hausse, les travailleurs perdront du pouvoir d’achat puisqu’ils ne pourront plus acheter autant avec une même somme d’argent.

La Banque nationale du Luxembourg publie tous les trimestres un bulletin statistique où sont repris les indices de prix sur lesquels on se base pour calculer l’inflation. L’indice des prix à la consommation permet de voir quels sont les biens et services dont le prix augmente plus vite, quelle est la part relative de chaque poste dans l’indice global,…

La mesure de l’inflation est identique partout au sein de l’Union européenne grâce aux indices des prix à la consommation harmonisés. Ces mesures standardisées mettent en lumière les fortes disparités qui peuvent exister entre certains pays assez stables (Suisse, Pays-Bas,…) et d’autres où l’inflation est beaucoup plus importante (Turquie, Bulgarie,…). Elles montrent également que l’évolution de l’inflation varie beaucoup d’un pays à l’autre au fil des mois.

Augmentation des prix et maîtrise de l’inflation

Les prix augmentent quand :

  • o il y a une demande importante pour certains produits (exemple : lors d’un hiver rigoureux, la consommation de mazout de chauffage augmente, ce qui influe sur son prix) ;
  • o les frais des producteurs augmentent (exemple : le boulanger haussera le prix de son pain si celui de la farine augmente à cause d’une mauvaise récolte de blé).

Pour limiter l’inflation, les autorités publiques peuvent utiliser plusieurs outils.

D’abord, la banque centrale d’un pays peut tenter de limiter l’inflation en augmentant les taux d’intérêt nominaux du marché monétaire. Comme il s’agit des taux que les banques vont devoir payer pour emprunter de l’argent à cette institution, elles vont également augmenter leurs taux d’intérêt pour couvrir ces coûts supplémentaires. Dès lors, il sera moins intéressant pour les ménages d’emprunter pour financer leur consommation, puisqu’ils devront payer des intérêts plus élevés sur leur emprunt. De plus, ces mêmes ménages seront encouragés à épargner car les sommes placées rapporteront des intérêts plus importants. Comme il y aura de ce fait moins de revenus disponibles pour consommer, la demande sera moins forte, ce qui limitera la hausse des prix et donc de l’inflation. Cette politique provoquant une chute de la demande globale en biens et services, les économistes parlent souvent d’un « durcissement » de la politique monétaire.

Ensuite, faire varier la masse monétaire dans l’économie permet également d’avoir une influence à long terme sur l’inflation puisque plus la masse monétaire est limitée, plus la demande sera limitée et les prix n’augmenteront pas trop. C’est pourquoi il est fortement déconseillé pour un pays de faire tourner les planches à billets pour combler un déficit car un apport de billets va permettre aux gens d’acheter plus, ce qui fera augmenter les prix. La monnaie n’a en effet de valeur qu’en fonction des prix du marché des biens et des services. Ainsi, il n’est pas très intéressant de posséder un billet de 500 milliards de dollars zimbabwéens s’il ne vaut guère plus qu’une pièce de 50 centimes d’euro et qu’il ne permet même pas d’acheter un journal.

Les Etats peuvent en être réduits à imprimer des billets avec de tels montants lors de période d’hyperinflation, c’est-à-dire une situation dans laquelle le taux d’inflation est très élevé et/ou enregistre une augmentation constante jusqu’à devenir finalement incontrôlable. Les banques centrales sont de ce fait contraintes d’imprimer régulièrement de nouveaux billets avec des montants toujours plus élevés pour suivre le coût de la vie, avec l’effet pervers que cette politique ne fait qu’encourager l’inflation.

Lorsque l’inflation est maîtrisée, les prix sont stabilisés, ce qui entraîne de nombreux avantages. Cette stabilité des prix est le but principal de l’Eurosystème et de la politique monétaire de la zone euro. Selon la Banque centrale européenne l’objectif à atteindre est une augmentation sur base annuelle, dans la zone euro, des indices des prix à la consommation harmonisés inférieure et proche de 2 %.

Déflation = hausse du pouvoir d’achat ?

La déflation est le contraire de l’inflation, à savoir une baisse générale des prix sur une période prolongée.

Bien que le phénomène puisse paraître avantageux à priori puisque les prix des biens de consommation baissent, la déflation peut cependant être très nuisible pour l’économie car, les produits étant vendus moins chers, les entreprises vont voir leurs marges bénéficiaires diminuer, ce qui pourrait les mener à la faillite et donc engendrer des pertes d’emplois. Les producteurs pourraient être amenés à vendre à perte si le prix de vente venait à être inférieur au prix de production et cette situation ne serait pas tenable à long terme. La spirale déflationniste pourrait également être entretenue par le fait que les consommateurs vont attendre que les prix baissent encore avant d’acheter, ce qui va faire baisser à nouveau la consommation.

Dans ce cas, la politique, visant à corriger les taux d’intérêts par les banques centrales, n’est pas sûre d’être couronnée de succès car, pour relancer la consommation, il faudra que l’argent soit le moins cher possible et donc diminuer le plus possible les taux d’intérêt. Cependant, ceux-ci ne peuvent naturellement pas descendre en-dessous de zéro, les agents économiques préférant garder leur argent plutôt que de le prêter et recevoir une somme inférieure à la fin. La marge de manœuvre des banques centrales est donc beaucoup plus limitée dans ce cas par rapport à la lutte contre l’inflation.

 
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